4 Juin, 2026

À la mémoire de Gerry Pascal

PALESTINIENS ET JUIFS UNIS

C’est avec une profonde tristesse, mais aussi avec de tendres souvenirs de Gerry Pascal, que PAJU informe ses membres et amis qui l’ont connu, de son décès, survenu le 25 mai 2026, deux jours avant son 93e anniversaire.

Gerry fut parmi les premiers membres de PAJU et participa sans relâche aux vigiles organisées chaque vendredi pendant de nombreuses années, jusqu’à ce que la maladie de Parkinson l’atteigne. Tous ceux et celles qui l’ont connu reconnaissaient en lui un homme d’une grande intégrité, à la voix douce, aimable et un véritable défenseur de la justice sociale. Nous nous souvenons de son arrivée à nos vigiles à vélo, accueilli par des « Salut Gerry ! Content de te voir ! » Il nous manquera, mais il restera à jamais dans nos cœurs et nos souvenirs.

Ci-dessous, la nécrologie de cet homme exceptionnel, Gerry Pascal, telle que parue dans la Gazette de Montréal.

Palestiniens et Juifs unis

Avis de décès de Gerald Ronald Pascal (Gerry)

Gerry Pascal s’est éteint paisiblement à son domicile le 25 mai 2026, deux jours avant son 93e anniversaire. Il laisse dans le deuil ses chères sœurs Judith « Judy » Spencely (Rick) et Heather « Toddie » Henderson (Chris), leurs enfants et petits-enfants, ainsi que de nombreux amis.

Gerry a mené une vie remarquable, entièrement et humblement dévouée à la paix, à la beauté et à la Terre.

Né Jerry Pasieka en 1933 à Winnipeg, il a été élevé par des religieuses dans un orphelinat, puis placé en famille d’accueil. Dans une famille, il a travaillé comme ouvrier agricole. C’est ainsi qu’est née sa passion pour le jardinage et la défense de la Terre, qui l’a accompagné toute sa vie. Gerry a toujours su transformer les épreuves en leçons et en amour. Son amour pour les religieuses qui l’ont élevé et son attachement au catholicisme sont restés inébranlables.

Gerry changea son nom en Gerald Pascal dans sa vingtaine. Diplômé d’un baccalauréat ès arts du Collège St. Paul (Université du Manitoba), il s’installa en Ontario dans les années 1950 pour entrer au séminaire, mais décida rapidement que la prêtrise n’était pas faite pour lui. Déménagé à Montréal, il s’engagea rapidement dans les mouvements de justice sociale des années 1960. La pensée et l’engagement de Gerry furent profondément marqués par sa formation jésuite, le Mouvement des travailleurs catholiques, la théologie de la libération, ainsi que par ses nombreux voyages et lectures. Parmi ses sources d’inspiration figuraient Tony Walsh, Dorothy Day, Gandhi et Martin Luther King. La non-violence était son principe directeur. Il s’efforça de vivre pleinement selon ses principes et consacra sa vie à bâtir un monde plus paisible, plus beau et plus juste.

Seul Gerry aurait pu raconter l’ensemble de ses contributions à la justice sociale. En voici quelques exemples. De 1970 à 1980, Gerry a dirigé la Maison Benedict Labre, un foyer pour hommes sans-abri, qu’il a orienté vers la justice sociale et la coopération. Par le biais de cette maison, il a contribué à la fondation de Chez Doris, un foyer pour femmes, et de RAPSIM, un réseau de soutien à l’échelle de la ville. Sous sa direction, la Maison Benedict Labre a soutenu le boycott du raisin mené par la National Farm Workers Association afin d’améliorer les conditions de travail des ouvriers agricoles migrants en Californie. À cette époque, Gerry était rédacteur en chef d’Unity, une revue inspirée du journal The Catholic Worker.

Dans les années 1980, il s’est engagé pleinement dans les mouvements antinucléaires, de désarmement et de paix, rejoignant Project Ploughshares Montréal et organisant et participant à d’importantes marches pour la paix, notamment celle reliant Panama à Mexico (1985-1986) contre les Contras, soutenus par les États-Unis. Ses voyages pour la paix l’ont conduit au Chiapas (dans le cadre d’une mission internationale de défense des droits humains), en Haïti, en Inde, en Irlande et dans de nombreux autres pays. Gerry s’est impliqué dans d’innombrables actions de solidarité autochtone : contre les survols militaires à basse altitude des territoires innus, au Centre Wampum, à Amitié Lubicon-Québec, et bien plus encore. Pendant trois décennies, il a œuvré au Centre de ressources sur la non-violence, coordonnant le Comité de solidarité autochtone, gérant la bibliothèque et les archives, rédigeant des articles et assurant le bon fonctionnement du Centre. Gerry a soutenu la cause palestinienne par ses écrits et sa participation aux piquets de grève hebdomadaires de Palestiniens et Jifs unis (PAJU) contre l’apartheid israélien. Il a également soutenu Abdelkader Belaouni dans sa résistance de trois ans à l’expulsion, en se réfugiant dans une église.

Écologiste convaincu, Gerry a parcouru la ville à vélo jusqu’à la fin de ses 80 ans. Vivant dans une pauvreté volontaire, il pratiquait (et prônait !) le zéro déchet et la consommation responsable, recyclait et compostait avec ferveur, et restaurait avec talent des objets et des vêtements cassés trouvés dans la rue. Ce qu’il ne pouvait utiliser, il le donnait ou le vendait, ainsi que les semis qu’il avait cultivés, et reversait les profits au Centre de ressources sur la non-violence et à d’autres organismes. Gerry a cofondé un jardin communautaire à Verdun, où il a entretenu une parcelle pendant des décennies, jusqu’à l’âge de 90 ans. Il a également entretenu un jardin à son église pendant plusieurs années, cultivant des légumes frais pour les prêtres. Il faisait des conserves avec ce qu’il ne pouvait ni utiliser ni donner, cuisait son propre pain, et ses tourtes à la viande resteront à jamais gravées dans les mémoires.

En mars 2006, à l’âge de 72 ans, Gerry a retrouvé sa famille. Retrouvé par sa sœur Judy, il a renoué avec des demi-sœurs dont il ignorait l’existence, ses neveux et nièces, ses petits-neveux et petites-nièces, et le reste de sa famille. Il a appris que sa mère, qu’il avait vue pour la dernière fois à l’âge de cinq ans, avait vécu jusqu’à 95 ans. Venant leur rendre visite chaque Noël et chaleureusement accueilli à toutes les occasions spéciales, il a trouvé un véritable foyer au sein de sa famille bien-aimée.

En 2020, Gerry a reçu un diagnostic de maladie de Parkinson. Se souvenant de son enfance, il a refusé catégoriquement d’être placé en institution. Grâce au soutien de ses amis, de ses voisins, de sa famille, du CLSC de Verdun et à l’accompagnement quotidien de préposés aux soins migrants, il a pu rester chez lui jusqu’à la fin.

Malgré les difficultés, Gerry aimait la vie ! Il aimait voyager, échanger des idées, lire, apprendre et écrire, cultiver des fleurs et des légumes, adopter des chats et des colombes, fabriquer et restaurer des meubles, des œuvres d’art et des vêtements, rencontrer des gens et créer des liens au sein de sa communauté. Tous ceux qui ont connu Gerry se souviendront de son sourire chaleureux et radieux. Il s’est éteint paisiblement chez lui, son souffle et son cœur cédant peu à peu, avec grâce, à la mort. Conformément à ses souhaits, Gerry sera inhumé en Alberta, auprès de sa mère, Anne Pasieka Murray.

Les funérailles auront lieu à l’église St. Willibrord, 351, rue Willibrord, Verdun, le samedi 13 juin 2026 à 11 h, suivies d’une réception à son domicile, 452, 2e Avenue, Verdun, de 12 h 30 à 17 h.

Durant ses dernières années, Gerry a été soigné par des aides-soignants migrants. Avec compassion et patience, ils se sont dévoués sans compter pour que le souhait de Gerry de rester chez lui soit respecté. Ils sont maintenant sans emploi. Si vous souhaitez faire un don à la mémoire de Gerry, veuillez les contacter. Envoyez vos dons par courriel à gerrycaregivers@gmail.com.

Publié le 1er juin 2026 dans la Gazette de Montréal

Cérémonie funéraire

Samedi 13 juin 2026

11h00 – 12h00

Église Saint-Willibrord

351, rue Willibrord

Réception

Samedi 13 juin 2026

12h30 – 17h00

Gerry

452, 2e Avenue

Verdun

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