14 Avr, 2026

Mark Carney: partisan de l’Ordre Impérial International

CANADIAN BDS COALITION/PAJU

13 avril 2026

Lors de son discours au Forum économique mondial de Davos, le 20 janvier 2026, Mark Carney a claironné le « déclin » de « l’ordre international ». « Nous sommes au cœur d’une rupture, et non d’une transition », a-t-il déclaré. Mais Carney – le banquier central devenu sauveur du Parti libéral du Canada – ne faisait pas référence à un ordre international incluant les pays du Sud ; il faisait référence à l’ordre fondé sur l’OTAN, dominé par les puissances occidentales toujours déterminées à exercer une domination impérialiste sur les nations du Sud. L’opportunisme flagrant et la turpitude morale de Carney ont été clairement mis en évidence par son soutien complice – et la fourniture continue d’armes à Israël – au génocide perpétré par Israël à Gaza.

Comme l’exprime Ramzy Baroud dans un article publié dans The Palestine Chronicle :

Pourtant, avant de prendre Carney pour un Sankara ou un Lumumba, il convient de rappeler le bilan de son gouvernement face au massacre de Gaza. L’ironie est flagrante : Carney s’insurge contre un monde où « la force prime le droit » lorsqu’il s’agit de tarifs douaniers américains ou de menaces contre le Groenland, et pourtant, il préside à une politique qui encourage précisément cela au Moyen-Orient.

Le contraste entre l’image que Carney projette à Davos et sa politique réelle à l’égard de Gaza est parfaitement illustré par un incident survenu à Calgary le 8 avril 2025. Lors d’un meeting électoral, Carney fut interrompu par un cri : « Monsieur Carney, il y a un génocide en Palestine !» Le Premier ministre répondit sans détour : « Je le sais. C’est pourquoi nous avons un embargo sur les armes. »

Carney n’a pas tardé à se rétracter. Comme l’écrivait Evan Dyer dans un article de CBC, des données recueillies par un groupe de chercheurs de quatre ONG canadiennes « ont révélé, dans la base de données de l’Autorité fiscale israélienne, des entrées montrant que des marchandises canadiennes continuaient d’entrer en Israël, décrites par le gouvernement israélien comme des pièces d’armes et des munitions ». L’hypocrisie et le cynisme flagrants du gouvernement Carney sont apparus encore plus clairement en novembre 2025, lorsque, comme le souligne Ramzy Baroud dans son article :

Au Canada, alors que Carney affiche un soutien de façade aux tribunaux internationaux, son gouvernement a déposé une requête en novembre 2025 visant à faire rejeter l’affaire El Batnigi c. Canada – un arrêt historique qui cherche à tenir Ottawa responsable de son inaction face au génocide. L’argument du gouvernement ? Que la Cour n’a aucune compétence en matière de « questions politiques » de politique étrangère.

Par conséquent, comme le souligne à juste titre Baroud, la « rupture » évoquée par Carney à Davos renvoie aux lamentations du club impérialiste privé qui déplore que, « pour la première fois depuis des générations, ils sentent les murs de ce club privilégié se refermer sur eux. Ils réclament à cor et à cri le droit international pour protéger leurs routes commerciales et leurs frontières de Trump, et pourtant, ils démantèlent activement ce même droit pour protéger un allié à Gaza. »

Turpitude morale concernant l’attaque illégale contre l’Iran

Passons maintenant aux positions actuelles du gouvernement Carney concernant l’attaque israélo-américaine illégale et criminelle contre l’État souverain d’Iran, et la campagne génocidaire de type « tonte de la pelouse » menée contre le Liban, semblable à celle de Gaza, que le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez – contrairement au Premier ministre canadien insouciant – a dénoncée comme cherchant à « infliger le même niveau de dommages et de destruction » au Liban qu’à la bande de Gaza.

L’ancien ministre libéral des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, a vivement critiqué le soutien apporté par le premier ministre Mark Carney aux frappes américano-israéliennes contre l’Iran en mars 2026. Selon M. Axworthy, ce soutien rompt avec la tradition canadienne en appuyant une action « unilatérale et illégale » non autorisée par l’ONU, et le compare défavorablement au refus du Canada, en 2003, de participer à la guerre en Irak.

M. Axworthy soutient que cette attaque viole le droit international, arguant qu’une puissance moyenne comme le Canada ne devrait pas cautionner de telles actions. Il a comparé la situation à la décision du Canada, en 2003, de ne pas participer à l’invasion de l’Irak menée par les États-Unis, reprochant au gouvernement actuel d’avoir abandonné cette position de principe. Bien que M. Carney ait par la suite précisé que sa position n’était pas un « chèque en blanc », M. Axworthy et d’autres critiques affirment que le soutien initial à la guerre menée par les États-Unis constituait une erreur de politique étrangère dangereuse et potentiellement illégale.

Comme l’a souligné la BBC, Carney a apporté son soutien sans réserve aux frappes initiales dès leur lancement, arguant de l’importance d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. (Aucune mention n’a été faite de l’arsenal nucléaire israélien). Selon lui, la guerre était nécessaire pour empêcher l’Iran de « menacer davantage la paix et la sécurité internationales ». Quelques jours plus tard, il a déclaré soutenir la guerre « à regret », car le bombardement de l’Iran lui semblait « contraire au droit international ». Vendredi, suite aux informations faisant état d’une attaque contre une base militaire canadienne au Koweït, il a affirmé : « Nous ne sommes pas impliqués dans ces actions menées par les États-Unis et Israël. Nous ne menons aucune action offensive et nous n’y participerons jamais. »

Ce ne sont que des paroles en l’air de la part d’un dirigeant politique qui se dérobe à toute confrontation avec le tandem Netanyahu-Trump, persuadé à tort qu’une telle soumission se traduira par un meilleur accord commercial entre le Canada et les États-Unis. Malgré les déclarations triomphantes de Mark Carney sur « l’état de droit » et « l’intégrité du droit international », il ne manifeste aucun respect pour ces principes en se pliant aux exigences de la ligne Trump-Netanyahu sur l’Iran. De plus, le gouvernement Carney, par le biais de lois limitant la liberté d’expression et par la poursuite d’un militarisme accru, pousse le Canada encore plus à droite. Il convient également de noter que Carney s’inspire de la politique de répression de l’immigration menée par l’administration Trump, notamment par le biais d’une loi récemment adoptée (le projet de loi C-12), comme le souligne un article de Radio-Canada :

Une importante loi réformant les pouvoirs en matière d’immigration est désormais en vigueur au Canada. Elle confère à Ottawa le pouvoir d’annuler massivement des visas et de fixer des délais pour les demandes d’asile, au nom du contrôle de l’immigration.

Cependant, cette loi, adoptée jeudi, suscite également l’inquiétude d’une coalition d’organisations de la société civile, dont Amnesty International, des avocats spécialisés en immigration et des syndicats du secteur public. Ces derniers estiment qu’elle concentre trop de pouvoir entre les mains du gouvernement et s’engagent à la contester.

Il ne s’agit pas simplement d’un mouvement vers la droite ; il s’agit d’un mouvement vers l’extrême droite !

Le gouvernement Carney a choisi de soutenir tacitement le génocide et les crimes de guerre en rejetant la motion « No More Loopholes »

Le projet de loi 233, « No More Loopholes Act », était destiné à lutter contre le soutien du Canada aux crimes de génocide et de guerre. Cette motion, présentée au Parlement par la députée néo-démocrate Jenny Kwan (Vancouver-Est), visait à aligner les exportations d’armes canadiennes sur les droits de la personne et le droit international. Or, le gouvernement Carney a veillé à ce qu’il continue d’assurer un approvisionnement ininterrompu en armes canadiennes pour les crimes de guerre croissants perpétrés par Trump et Netanyahu.

Le Premier ministre Carney a annoncé que le Canada avait atteint l’objectif de l’OTAN de consacrer 2 % du PIB aux dépenses militaires. Il se vante que c’est la première fois en quarante ans qu’Ottawa consacre une part aussi importante des ressources sociales du pays à la guerre. Son gouvernement s’est engagé à dépenser des dizaines de milliards de dollars pour atteindre les 5 % du PIB que l’administration Trump exigeait pour l’armement de l’OTAN. Un tel objectif ne pourra être atteint qu’au prix de coupes drastiques dans les programmes sociaux et dans l’administration publique.

Tel que présenté sur le site web de Just Peace Advocates:

. . . le rejet du projet de loi C-233 marque un tournant plus important dans la politique canadienne sous le nouveau gouvernement.

« Mark Carney a clairement indiqué que sa vision pour le Canada est celle d’une intégration plus poussée à l’économie de guerre américaine », a déclaré Yara Shoufani, présidente de Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient. « De l’expansion de la production militaire canadienne aux dépenses de défense record consacrées aux systèmes d’armement américains, en passant par l’alignement de la politique étrangère du Canada sur les guerres de plus en plus intenses de Washington, ce gouvernement enfonce davantage le Canada dans le complexe militaro-industriel américain. »

Selon des défenseurs des droits humains, ce vote confirme que le gouvernement a choisi de privilégier les profits des fabricants d’armes et les intérêts militaires de Trump et Netanyahu au détriment du droit international et des droits de la personne.

La guerre est un « gros business »

Le Premier ministre Carney s’efforce actuellement de faire jouer au Canada un rôle de premier plan au sein d’une toute nouvelle banque de guerre internationale, la Banque de défense, de sécurité et de résilience (BDSR), dont Toronto serait pressentie pour accueillir le siège mondial. La BDSR fournirait un flux constant de fonds publics et privés aux fabricants d’armes afin de faciliter une expansion rapide de la production militaire. Cette initiative est, bien entendu, saluée par les gouvernements provinciaux qui en bénéficieraient grâce à des investissements dans les fabricants d’armes. En réalité, LA GUERRE, C’EST DU ‘BIG BUSINESS!’

Mais la guerre et la destruction sont-elles ce dont le monde a besoin ? Est-ce ce que souhaitent les Canadiens et les Canadiennes ? Carney et ses soutiens oligarques entraînent le Canada sur une voie qui ne peut mener qu’à une crise sociale. Compte tenu des revirements constants de Carney concernant l’Iran, de son hypocrisie flagrante et de son immoralité sur la question de Gaza, il est clair que le Canada mérite mieux que Mark Carney et son Parti libéral (sioniste) à la tête du gouvernement. Le Canada a besoin de mieux que le gouvernement Carney à Ottawa ! NON à Carney, NON au militarisme !

paju.org

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