Pour publication immédiate
Montréal le 29 octobre 2026
Just Peace Advocates (JPA) a réalisé une étude sur les investissements du Fonds de solidarité FTQ, au Québec, laquelle met en évidence la présence, dans son portefeuille, d’entreprises liées à Israël.
Le Fonds de solidarité FTQ constitue le plus important réseau de capital de développement au Québec et a été créé par l’Assemblée nationale du Québec. Il a été institué le 23 juin 1983 par une loi de l’Assemblée nationale, alors sous le gouvernement de René Lévesque. Son capital initial provenait de travailleurs affiliés à la FTQ, auquel se sont ajoutées des contributions des gouvernements provincial et fédéral.
Il gère l’épargne d’environ 828 000 Québécois et de plus de 4 600 entreprises. Selon l’étude JPA, « le Fonds utilise l’épargne et la solidarité des Québécois comme levier pour soutenir l’économie et maintenir l’emploi », conformément à sa mission. Bien qu’il s’agisse d’une entité distincte de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), le Fonds de solidarité FTQ a été initialement créé par cette centrale syndicale dans le but de former les travailleurs, de stimuler l’économie québécoise et de constituer un fonds de retraite décent pour les travailleurs. Investir dans l’apartheid ne semble guère relever de la solidarité entre travailleurs.
JPA poursuit:
Au 31 mai 2026, malgré sa mission déclarée, le Fonds FTQ comptait 446,197 millions de dollars — soit près d’un demi-milliard de dollars canadiens — investis dans des entreprises complices de crimes de guerre et/ou d’un génocide commis par Israël.
En 2025, le Fonds FTQ comptait plus d’un demi-milliard de dollars en investissements complices. C’est laquatrième année que nous examinons les investissements du Fonds FTQ et, à ce jour, celui-ci n’a pas répondu à nos sollicitations à ce sujet.
Toutefois, selon les données rapportées au 31 mai 2026, il semble qu’il n’y ait plus de participations dans des entreprises figurant dans la base de données de l’ONU. En mai 2025, le Fonds FTQ détenait des investissements dans plusieurs entreprises présentes sur la liste de l’ONU, notamment Bank Hapolim, Booking et Motorola Solutions. Le Fonds de solidarité FTQ n’a pas confirmé s’il s’agissait d’une décision délibérée de se désinvestir, du moins des entreprises figurant sur la liste de l’ONU.
Le Fonds de solidarité FTQ mérite d’être salué pour ce désinvestissement. Dans la même logique, le Fonds FTQ doit se désinvestir des autres entreprises liées à Israël!
Alors qu’il continue d’investir dans des sociétés complices de génocide et/ou de crimes de guerre — telles que L3 Harris, Palantir, RTX, HP, General Electric, Caterpillar, Amazon et d’autres —, le Fonds de solidarité FTQ doit encore faire le ménage dans ses investissements.
Selon l’analyse de la JPA : la Commission d’enquête internationale indépendante des Nations Unies sur le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël a clairement énoncé les obligations incombant aux États pour la mise en œuvre de l’avis consultatif de la CIJ de 2024.
« Les États doivent :
•s’abstenir d’établir des relations économiques ou commerciales avec Israël concernant le Territoire palestinien occupé, ou des parties de celui-ci, qui seraient susceptibles de consolider sa présence illicite sur ce territoire… (par. 29)
•mettre fin à toute relation financière, commerciale, d’investissement ou économique avec Israël qui maintient l’occupation illicite ou contribue à la maintenir… (par. 29)
•examiner les activités des entreprises privées constituées dans l’État, ainsi que celles des organisations à but non lucratif ou non gouvernementales enregistrées dans cet État, en ce qui concerne leurs relations avec l’État d’Israël et le Territoire palestinien occupé… (par. 30)
•exiger un examen approfondi de diligence raisonnable concernant ces entités et veiller à ce qu’elles ne se livrent à aucune opération, activité ou forme de soutien financier qui maintienne l’occupation illicite ou contribue à la maintenir. Si un État constate que de telles entités mènent des activités qui maintiennent l’occupation illicite, il doit prendre toutes les mesures raisonnables pour y mettre fin, par exemple en révoquant les statuts constitutifs d’une entreprise ou en annulant l’enregistrement d’une organisation à but non lucratif dans cet État… » (par. 30)
Le droit international humanitaire (DIH) s’impose à tous les acteurs dont les activités sont étroitement liées à un conflit armé, y compris aux entreprises, même si celles-ci ne prennent pas part aux hostilités actives. Les gestionnaires d’investissements qui placent des capitaux dans des entreprises complices de crimes de guerre font preuve soit d’un aveuglement volontaire, soit d’une indifférence téméraire quant aux conséquences de leurs investissements au regard des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et d’un génocide « plausible ».
Ainsi, en investissant dans certaines entreprises complices du génocide commis par Israël à Gaza — qui se poursuit encore aujourd’hui — le Fonds de solidarité FTQ pourrait, en théorie, voir sa responsabilité engagée, non seulement en vertu du droit international, mais aussi en vertu du droit canadien. Les crimes de guerre internationaux constituent des infractions pénales au titre du Code criminel du Canada, en raison de l’articulation entre la Loi sur les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, la Loi sur les conventions de Genève et la Loi d’interprétation. Cette disposition s’applique non seulement aux personnes physiques, mais aussi à toute « personne morale », ce qui inclut : « a) un organisme public, une personne morale, une société, une compagnie, une entreprise, un partenariat, un syndicat ou une municipalité; ou b) une association de personnes qui : i) est constituée dans un but commun, ii) possède une structure opérationnelle, et iii) se présente au public comme étant une association de personnes. »
Vous trouverez ci-dessous une liste des investissements du Fonds de solidarité FTQ, fournie par Just Peace Advocates. Il convient de noter, en particulier, les entreprises suivantes : L3 Harris, Palantir, RTX, HP, General Electric, Caterpillar et Amazon.

La base de données du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (OHCHR) — mise à jour — recense « toutes les entreprises impliquées dans les activités détaillées au paragraphe 96 du rapport de la mission internationale indépendante d’établissement des faits chargée d’examiner les répercussions des colonies de peuplement israéliennes sur les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels du peuple palestinien dans l’ensemble du Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est ». Elle fournit une liste exhaustive d’entreprises qui apportent leur soutien à Israël, tant sur le plan financier que par le biais d’une aide militaire.
Tel queconstaté par le Pape Léon XIV, « Dans cette course à l’armement, la voix de la fraternité est souvent étouffée par la logique des armes et on constate une augmentation significative des dépenses dans les budgets de nombreux pays. Dans plusieurs régions du monde, en particulier les plus pauvres, l’augmentation des dépenses militaires a des répercussions sociales. »
Le syndicalisme n’a pas été créé par l’effort et les sacrifices des travailleuses et travailleurs pendant les siècles avec le but d’écraser les pauvres, ni d’appuyer l’apartheid!
- Étant donné que le Fonds de solidarité FTQ n’a pas procédé au désinvestissement de toutes les entreprises de son portefeuille qui entretiennent des liens avec Israël, il lui incombe de se retirer de l’ensemble de ces sociétés. L’épargne-retraite des Québécois ne devrait pas servir à investir dans des entreprises liées à l’état d’apartheid israélien. Le PAJU demande au Fonds de solidarité FTQ de se désinvestir de ces entreprises et de rendre ce désinvestissement public.
- Il n’existe pas de prescription pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.
- https://www.ohchr.org/fr/instruments-mechanisms/instruments/convention-non-applicability-statutory-limitations-war-crimes
Contact: info @paju.org
