9 Oct, 2026

Le National Post  a-t-il proféré une menace de mort à peine voilée à l’encontre du chef du NPD, Avi Lewis ?

PALESTINENS ET JUIFS UNIS

Communiqué de Palestiniens et Juifs Unis

Pour publication immédiate

Montréal, le 9 octobre 2026

Le  National Post  (propriété d’un fonds spéculatif américain, Chatham Asset Management, ayant des liens étroits avec le Parti républicain américain, et dontle siège se trouve dans le New Jersey) est hostile à toute forme d’expression politique de gauche. Il affiche également un soutien inconditionnel à Israël, au point d’occulter totalement la question de l’apartheid israélien et du génocide perpétré par Israël à Gaza, tant dans ses éditions papier qu’en ligne. C’est le journal de prédilection du lobby pro-israélien au Canada et des politiciens sionistes inconditionnels tels que les libéraux Anthony Housefather et Mark Miller, les conservateurs Pierre Poilievre et Melissa Lantsman, ainsi que les députés du Bloc Québécois Rhéal Fortin et Alexandre Brunelle-Duceppe, pour ne citer que ceux-là.

Il n’est donc guère étonnant que Yoni Goldstein, chroniqueur au National Post, se soit livré à une attaque virulente contre Avi Lewis, chef du Nouveau Parti démocratique et antisioniste juif revendiqué – une attaque qui dépasse largement les limites de ce qui est acceptable dans une société civilisée. En fait, la diatribe polémique de Goldstein frise le criminel.

Quel était le crime de Lewis ? Il a publié quelques lignes au lendemain de Yom Kippour (le Jour du Grand Pardon), rappelant aux Juifs l’obligation morale que leur foi leur impose :

Yom Kippour est un temps d’expiation — un moment pour pleurer les disparus, pour reconnaître les torts que nous avons causés, individuellement et collectivement, et pour en assumer la responsabilité.

Pour le peuple juif, la sphère personnelle a toujours été politique, et la sphère politique toujours personnelle. Cette année, je réfléchis au fait que nous avons manqué à notre devoir d’empêcher un génocide en cours, perpétré en notre nom.

C’est l’évocation du « génocide » — terme qui décrit exactement la situation actuelle à Gaza — ainsi que la complicité silencieuse d’une grande partie de la classe politique canadienne, des grands médias et d’une large part de la communauté juive, qui ont déclenché la diatribe de Goldstein contre Avi Lewis. Il convient également de noter qu’Avi Lewis est l’un des auteurs du rapport The CIJA Report du Jewish Faculty Network (Réseau des universitaires juifs) ; ce document met en lumière les agissements peu reluisants du CIJA — un pilier du lobby pro-israélien — qui a coutume d’intimider les critiques des crimes commis par l’État d’Israël en les qualifiant d’« antisémites ». Ces éléments ont sans doute pesé dans la balance, faisant d’Avi Lewis une cible toute désignée pour Yoni Goldstein et le National Post.

Yoni Goldstein affirme que l’ensemble de la communauté juive du Canada a le « devoir » d’entreprendre une action « énergique » pour empêcher le chef du NPD de s’exprimer sur le génocide à Gaza. Qu’entendait exactement Goldstein par cette « action énergique » ? Il présente un scénario dans lequel cette expression semble impliquer une agression physique contre la personne d’Avi Lewis. « La loi juive nous dit comment traiter Avi Lewis » (Jewish law tells us how to deal with Avi Lewis) : tel est le titre de l’article haineux de Goldstein qui, par sa formulation même, suggère qu’il faut s’en prendre collectivement à M. Lewis de la manière la plus brutale qui soit.

Pour décrire Lewis, Goldstein fait référence au récit biblique de Korach (Coré), dont la famille fut brûlée vive et engloutie par la terre pour avoir osé contester l’autorité de Moïse. « Soudain, Dieu fit s’ouvrir la terre, et Coré ainsi que sa famille furent engloutis vivants. Les 250 partisans furent consumés par le feu».

Goldstein poursuit :

« Le récit biblique de Coré offre une leçon frappante sur la manière dont les Juifs perçoivent la dissidence interne lorsqu’elle s’intensifie au point de menacer la viabilité même de la communauté. Il s’agit certes d’une conséquence extrême pour avoir causé un tort à la communauté, mais la loi juive est assez claire à ce sujet : lorsqu’un Juif met en péril la communauté juive, celle-ci a l’obligation de l’en empêcher. »

Ce qui signifie vraisemblablement « les empêcher de dire la vérité, les empêcher de critiquer Israël », car le tribalisme étroit de Goldstein — qu’il confond avec les préceptes moraux du judaïsme, vastes et transcendants — revient à considérer l’État d’Israël comme l’incarnation de tous les Juifs du monde et à assimiler le sionisme, ce mouvement ultranationaliste et ethnocentrique de droite, au judaïsme, la religion juive.

Non content de brandir l’épée de Damoclès au-dessus de la tête de M. Lewis, Goldstein se livre à une allusion encore plus haineuse et dangereuse en qualifiant Avi Lewis de « traître » et en employant les termes hébreux « moser » (traître à la communauté) et « rodef » (individu poursuivant une autre personne dans l’intention de commettre un meurtre). Dans le cadre de la diffamation d’Avi Lewis sous l’étiquette de « moser », la sanction prévue par une loi juive ancienne et obsolète est le « din moser », qui prescrit des peines sévères, y compris la peine de mort.

Il ne faut pas se méprendre sur les intentions de Yoni Goldstein lorsqu’il qualifie M. Lewis de « moser » : il s’agit d’un appel à l’agression physique contre Avi Lewis, pouvant même entraîner sa mort. Ce n’est pas seulement un discours haineux ; c’est un acte criminel, et Yoni Goldstein devrait donc être poursuivi en vertu du Code criminel canadien. (Il est peu probable que les flagorneurs politiques qui gravitent autour du Parti libéral (sioniste) du Canada et du Parti conservateur du Canada entreprennent une telle procédure.)

Par ailleurs, les termes « moser » et « rodef » s’inscrivent dans un contexte particulier, dangereux, qui implique assurément la violence à l’encontre d’Avi Lewis. Le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin a été assassiné en 1995 par des extrémistes religieux de droite (pensons à des extrémistes de droite tels que Ben-Gvir et Smotrich, qui incarnent ce type de fanatisme) qui le qualifiaient de « rodef » et de « moser » en raison de son rôle dans le processus de paix d’Oslo. Yigal Amir, le terroriste juif qui a assassiné Rabin, a par la suite invoqué le « din rodef » pour justifier cet assassinat. Si l’on examine le langage et les termes employés par Yoni Goldstein dans sa chronique diffamatoire et haineuse publiée dans le National Post contre Avi Lewis, on y retrouve le même type de fanatisme que celui qui a conduit à l’assassinat de Yitzhak Rabin.

Il convient de noter que nous n’avons entendu aucune condamnation de cet appel à la violence empreint de haine visant Avi Lewis — dirigeant d’un parti national au Canada — ni de la part de ces « fiers sionistes » des partis libéral et conservateur du Canada, ni de la part des représentants du lobby pro-israélien au Canada — ce groupe restreint mais influent d’individus qui prétendent parler au nom de tous les Juifs du monde, qui qualifient d’« antisémites » tous ceux qui osent défendre les droits des Palestiniens et critiquer publiquement la machine génocidaire d’Israël, et qui diffament les Juifs antisionistes en les traitant de « Juifs qui se détestent eux-mêmes ».

Yoni Goldstein se révèle être un individu méprisable, un chroniqueur capable uniquement d’écrire pour la presse au « journalisme jaune » d’un média sous contrôle américain — le National Post — qui se présente comme un « pilier national » du Canada. C’est tout le contraire qui est vrai.

•           PAJU exige que la GRC ouvre une enquête sur les menaces dangereuses et inacceptables proférées à l’encontre d’Avi Lewis, afin de déterminer si les propos polémiques de M. Goldstein contreviennent aux dispositions du Code criminel du Canada relatives aux discours haineux.

•           PAJU exige également que le National Post fasse l’objet d’une censure de la part du Conseil national  des médias d’information du Canada (National NewsMedia Council of Canada).

Voici un lien vers le National News Media Council, où vous pouvez déposer des plaintes concernant la promotion de la haine et les menaces dans les publications nationales :

Contact: info@paju.org

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