4 Mai, 2026

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Le chef de la communauté juive d’Iran à Sayyed Khamenei : Nous sommes fiers de votre leadership

AL MAYADEEN ENGLISH

Le chef de la communauté juive d’Iran a prêté allégeance à Sayyed Mojtaba Khamenei, saluant la défense acharnée de l’unité et de la victoire du pays.

Traduit de l’anglais par PAJU

Le chef de la communauté juive d’Iran, Homayoun Sameh Najafabadi, a prêté allégeance au Guide suprême de la Révolution et de la République islamique, Sayyed Mojtaba Khamenei, affirmant que les Juifs iraniens sont fiers de faire partie intégrante du tissu social de la nation.

Dans un discours prononcé devant une foule nombreuse d’Iraniens opposés aux politiques américaines et israéliennes, M. Najafabadi a exprimé la satisfaction de la communauté face à la prise de responsabilité de Sayyed Mojtaba Khamenei, le décrivant comme « un disciple de l’Imam martyr, Sayyed Ali Khamenei ».

Témoignant de la cohésion sociale de l’Iran face aux agressions et aux défis extérieurs qui ciblent le pays dans toute sa diversité, le chef juif a déclaré : « En tant que Juifs iraniens, nous sommes solidaires de toutes les autres composantes de la société, fiers de ce leadership, et nous lui souhaitons gloire et succès dans sa mission de guider le pays vers le progrès. »

De plus, dans son discours, il a souligné l’importance de l’unité entre le peuple et ses forces armées, louant la « farouche défense » dont ont fait preuve les Iraniens face à la pression.

Il a conclu en disant : « Puissions-nous toujours témoigner du triomphe de notre Iran bien-aimé et nous rassembler pour célébrer la victoire qui approche, fruit de notre fermeté et de notre unité. »

Il convient de noter que, dans le cadre de l’agression américano-israélienne contre l’Iran, même les lieux de culte juifs n’ont pas été épargnés.

Le 7 avril, les autorités iraniennes ont annoncé qu’une série de frappes aériennes américano-israéliennes avait ciblé le quartier Palestine, au centre de Téhéran, entraînant la destruction complète de la synagogue juive Rafi Nia.

Homayoun Sameh Najafabadi, représentant de la communauté juive au Parlement iranien, a condamné l’attaque, déclarant : « En pleine fête religieuse, Israël nous a pris pour cible et n’a fait preuve d’aucune pitié, même envers les Juifs d’Iran.»

« La synagogue a été entièrement détruite, laissant des rouleaux de la Torah sous les décombres, un acte qui afflige les Juifs du monde entier », a-t-il expliqué, ajoutant que l’agression israélienne n’épargne ni les musulmans ni les autres communautés religieuses, et exprimant l’espoir d’un triomphe de la République islamique et d’une paix durable dans le monde.

À VOIR | Des images montrent les conséquences d’une agression américano-israélienne contre une synagogue juive dans le centre de Téhéran, en Iran.

https://x.com/MayadeenEnglish/status/2041436743451193463?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E2041436743451193463%7Ctwgr%5Eb8dc26c1a41c475923e2203eca3977ba20afc3d5%7Ctwcon%5Es1_c10&ref_url=https%3A%2F%2Fenglish.almayadeen.net%2Fnews%2Fpolitics%2Firan-jewish-leader-to-sayyed-khamenei–we-are-proud-of-your

Source : Iran Jewish leader to Sayyed Khamenei: We are proud of your leadership | Al Mayadeen English

NOTE DE PAJU:

L’attaque contre la synagogue de Téhéran constitue une tentative du régime sioniste d’intimider la communauté juive iranienne et de la réduire au silence quant à la politique israélienne, voire de la pousser, à tort, à quitter le pays. Cela n’arrivera pas. La communauté juive d’Iran est l’une des plus anciennes, non seulement du Moyen-Orient, mais du monde.

La communauté juive iranienne remonte à plus de 2 700 ans et ses racines remontent à la captivité babylonienne au VIe siècle avant l’ère commune. Le fait qu’Israël ait frappé la synagogue de Téhéran constitue une attaque non seulement contre la communauté juive iranienne, mais contre le judaïsme dans son ensemble. Les Juifs vénèrent Dieu.  Les sionistes vénèrent l’État.

L’attaque du régime sioniste contre la synagogue ne devrait surprendre personne, car ce n’est pas la première fois qu’Israël, par l’intermédiaire du Mossad, bombarde des cibles juives. Entre 1950 et 1951, le Mossad a bombardé cinq cibles en Irak afin de chasser les Juifs du pays et d’accélérer leur transfert en Israël. Ces attentats terroristes, commandités par les sionistes, ont provoqué un exode massif de Juifs d’Irak entre 1950 et 1951. Ils ont eu lieu moins de deux ans après la Nakba palestinienne.

En 1954, le réseau clandestin de David Ben Gourion a tenté, sans succès, de faire exploser un cinéma au Caire et d’en imputer la responsabilité aux Arabes. Cet événement est connu sous le nom d’affaire Pinkus Lavon. Ben Gourion avait mis en place un réseau clandestin en Égypte, utilisant des agents et des Juifs égyptiens, à l’insu du Premier ministre israélien de l’époque, Moshe Sharett. Leur mission était de placer de petites bombes dans des cinémas, des bibliothèques et des bureaux de poste du Caire et d’Alexandrie. L’objectif était d’imputer les attentats aux Arabes, créant ainsi un climat antioccidental et convainquant les Britanniques et les Américains de la nécessité de maintenir la présence britannique dans le canal de Suez. Le complot fut découvert le 23 juillet 1954, lorsqu’un engin incendiaire explosa prématurément dans la poche d’un des agents au théâtre Rio d’Alexandrie.

S’ensuivit un procès public et la condamnation de huit Juifs égyptiens ayant participé à l’opération clandestine ; deux d’entre eux furent exécutés. Puis, Israël lança une incursion militaire à Gaza, faisant 39 victimes égyptiennes. Un accord d’armement égypto-soviétique provoqua la colère des États-Unis et du Royaume-Uni, qui retirèrent leur soutien à la construction du barrage d’Assouan. En représailles à ce retrait de soutien, Nasser annonça la nationalisation du canal de Suez, et en 1956  suit  l’invasion de l’Égypte par Israël, la France et le Royaume-Uni échoua dans le but de renverser Nasser.

La grande majorité de la population juive d’Égypte fut expulsée ou contrainte à l’exil entre 1956 et 1957, à la suite de la crise de Suez. Durant cette période, Nasser déclara les Juifs ennemis de l’État, en arrêta plus de 1 000 et força environ 25 000 Juifs à quitter le pays, confisquant leurs biens. En bref, Israël et ses services de renseignement furent responsables de l’exode massif des Juifs d’Irak et d’Égypte, dont la grande majorité s’installa en Israël.

Il y a aussi l’Accord Haavara, un accord secret conclu entre les dirigeants sionistes et de hauts responsables du Troisième Reich, dont l’objectif était le transfert de 40 000 à 60 000 Juifs allemands en Israël. Ainsi, les gouvernements occidentaux ne furent pas les seuls coupables d’avoir systématiquement interdit l’entrée aux Juifs sur leur territoire pendant la Shoah ; les dirigeants sionistes s’employèrent également à saper un boycott antihitlérien – mission sioniste organisée dans l’intérêt du Troisième Reich – par l’organisation des vétérans juifs américains et des syndicats américains, à un moment où l’économie du régime hitlérien était encore fragile et aurait pu s’effondrer. De ce fait, il convient de considérer les dirigeants sionistes de l’époque comme ayant participé à ce que j’appelle le « Partenariat pour l’Holocauste juif », soit l’abandon des Juifs d’Europe par les sionistes et les prétendues démocraties occidentales.

Avec le recul, il n’y a rien de surprenant à ce que le régime sioniste de Tel-Aviv ait bombardé une synagogue de Téhéran ! Le sionisme sert l’État, non les Juifs. Non au sionisme, oui au judaïsme !

Bruce Katz

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