15 Jan, 2026

ISRAËL, STRUCTUREL BRAS ARMÉ IMPÉRIAL

JEAN ELLEZAM

Israël ne peut vivre sans la guerre, à l’identique de son mentor, allier et mandataire, les USA.

Les USA sont perpétuellement en guerre et ne cessent de l’être depuis leurs créations. Sans cesse à la recherche de conflit et d’hégémonie, le monde entier est sous son inquisition. Le complexe militaro-industriel, dont l’unique  préoccupation est le profit, dépend de cette agressivité effrontée. Agressivité, elle-même présentée comme sécuritaire, voire humanitaire. C’est pourtant le pays de la guerre par excellence.

Mentionnons pour mémoire que le régime s’emballe avec Trump. En un mois, l’actuel occupant de la Maison-Blanche, aura bombardé de plus nombreuses fois et plus de position étrangère, qu’en quatre ans, sous le président Biden. Le va-t-en-guerre en fonction aura ordonné 529 frappes, sur plus de 240 positions réparties en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie centrale, selon les données de l’ACLED. Joe Biden, aura « seulement » bombardé 555 fois entre 2017 et 2021. Les pays agressés par Trump sont la Somalie, la Syrie, l’Irak, l’Iran, la  Libye, le Nigéria, et le Venezuela. En fait, Donald Trump, supposé être le « président de la paix » promeut maintenant la « paix par la force » (peace through strength), outre qu’il a rebaptisé le « Ministère de la Défense » américain en « Ministère de la Guerre ».

Toujours effronté, le Président-Guerrier, exige maintenant de l’Union européenne de réserver une partie substantielle de son PNB dans l’armement, principalement acheté aux USA. Volonté souterraine d’enrichir le complexe militaro-industriel spécifiquement américain. Du reste, l’enveloppe consacrée au budget militaire étasunienne passera de 901 milliards de dollars américains en 2026 à 1 500 milliards en 2027.

On comprend cet engouement pour la guerre, le secteur de l’armement est le moteur exponentiel de la croissance aux États-Unis. Pour que le secteur soit actif et renouvelable, il faut stimuler la guerre. L’arsenalisation, pointue par nature, est à l’avant-garde des avancées technologiques.  Procédés et connaissances scientifiques retomberont sur l’industrie domestique américaine. La revente des armes est l’une des activités commerciales les plus lucratives et génère le contrôle de la défense des pays clients.

Cyniquement, si les armes les plus sophistiquées ne sont pas utilisées par les militaires, on ne peut prouver ni de l’excellence des arsenaux, ni de leur supériorité, ni de leur nécessité. Il est alors difficile de débusquer et d’acquérir les ressources mondiales convoitées par l’Amérique. De plus, si l’armement n’est pas utilisé, cela interdit l’impératif de renouvèlement constant du stock exigé par les profits de l’industrie payés par le contribuable. Comme les armes sont achetées par les États-clients, il est dès lors indispensable de contrôler cet État, ou l’union des États, par n’importe quel moyen. Inadmissible que ces gouvernements n’aillent s’enquérir de la concurrence ailleurs. Pour combattre cette indépendance, il devient primordial pour le pays fournisseur américain de combattre l’insubordination.

La désobéissance est punie par les coups d’État, la menace, la corruption, l’assassinat politique, la fomentation orchestrée de révoltes populaires, la désinformation, le financement de l’opposition, etc. Chaque indépendance d’un État potentiellement satellisable est inéluctablement un affront pour les USA. Affront qu’on présentera comme une défense légitime et prétexte à agression, plutôt que comme volonté forcenée d’acquérir les ressources convoitées.

Pour maintenir l’élargissement de cet impérialisme inhérent, voire organique, la croissance de son complexe militaro-industriel est essentiel. C’est une source inespérée et inépuisable de profit, de croissance et de création d’emplois pour la puissance hégémonique basée sur la guerre. Ainsi, devra-t-on se projeter dans un discours victimaire.

Mécanisme simple, puisque menacé, l’Amérique sera en droit de se défendre. Être artificiellement menacé permet, à son tour, l’intimidation construite, entretenue, définie, diabolisée. La victime se sent structurellement pointée, donc elle attaque. C’est le raisonnement structurel du tueur. Depuis le 11 septembre, 4.5 millions de personnes sont morte dans le monde des suites des innombrables guerres lancées par les États-Unis. L’impérialisme américain demeure la force la plus sanglante de la planète. Quand on prépare la guerre, on la fait, contrairement à l’adage, « qui prépare la guerre prépare la paix ».

Sachant l’importance de ce secteur lucratif et hégémonique, Israël, à l’instar de son mentor américain, s’est évidemment et immédiatement lancé dans l’industrie de l’armement dès la création de l’entité sioniste. Le colonisateur sioniste s’imposera alors comme fer de lance moyen-oriental et bras armé indéfectible de la colonisation américaine. Rappelons que Jabotinsky, le théoricien d’extrême droite du sionisme et son secrétaire Bension Netanyahou, comme son fils Benjamin, ont passé de nombreuses années aux États-Unis. Comme son père, Benjamin Netanyahou, s’inscrit dans une idéologie victimaire autorisant tous les carnages. Cette pensée se traduit par « le monde est contre nous ». On retrouve ainsi, la même rhétorique du tueur, utile aux USA.

Les mêmes impératifs économiques produisant les mêmes effets sociaux, l’arsenal israélien défit aujourd’hui l’imagination. Tout est mis en œuvre pour s’inscrire dans l’avant-garde meurtrière, qualitativement et quantitativement. Israël est un important fournisseur d’armes aussi sophistiquées que meurtrières. À cela s’ajoute une expertise dans les logiciels espions, les portables piégés (tueur aveugle) et les satellites de protection.

Arsenal dépassant de loin tous ses concurrents moyen-orientaux, ce qui permet le grignotage des terres avoisinantes, sans craindre une réelle résistance. Toutefois, cette autorité militaire est en phase de déclin devant la concurrence et l’image désastreuse de l’État criminel et génocidaire.

Israël est le pays le plus dépendant de l’aide américaine pour sa défense. L’état sioniste s’effondrerait presque entièrement sans le soutien du parrain américain. Parmi les cinq pays totalement dépendant de Washington, la première position revient à l’entité sioniste. La Corée du Sud, qui stationne 30 000 soldats américains, ne résisterait pas longtemps à la Corée du Nord, malgré son économie puissante. Taïwan, sous bouclier américain, s’effondrerait sans l’immense armada qui la protège sur son sol. Il en va autan de l’Ukraine, qui bénéficie de milliards de dollars d’aide, qui lui permettent de tenir face à la pression Russe. Semblable, la grande et fortunée puissante Arabie Saoudite, serait vite convoitée et envahie sans la protection militaire américaine, son armée demeure vulnérable.

D’autres territoires sont donc vulnérables militairement, bien que vigoureuse industriellement et financièrement. La population demeure autochtone et s’enrichie depuis sa propres terres. En fait, aucun pays n’est aussi précaire et dépendante des américains que la population européenne parachutée, qui occupe l’espace israélien. Ce minuscule territoire agressif est entouré de personnes ethniquement différents, diversifiées. Farouchement hostiles, ces ethnies spoliées, culturellement différenciée, s’insurgent contre le colonialisme honni et génocidaire. Tache d’huile menaçante, Israël se construit une hostilité éternelle. Ce pays s’effondrerait immédiatement sans les milliards du parrain.

Comme son parrain américain, la tuerie tout azimut est la marque de fabrique de l’entité blanche occidentale colonisatrice se réclamant improprement du judaïsme qu’est Israël.  

 L’hécatombe meurtrière d’Israël n’a rien à envier à son mentor américain. Uniquement au titre du génocide à Gaza, le carnage est suffocant. Depuis 2023, les pertes humaines dans ce minuscule territoire sont évaluées à plus de 70,000 palestiniens, dont au moins 18 000 enfants, et plus de 171 000 blessés, dont plus de 45 000 enfants. On ne tient pas compte des innombrables disparus sous les décombres, dont les cadavres gisants sur le sol sont tout simplement ensevelis, poussés par les bulldozeurs israéliens comme gravas.

Il s’agit de l’équivalent de la bombe atomique tombée sur Hiroshima (70 000 morts), sur un territoire vingt fois moins grand (Hiroshima 905 km²/ Gaza 45 km²). Comme à Hiroshima, la quasi-totalité du territoire de Gaza est devenu un champ de ruine. Les performances criminelles de l’entité terroriste sioniste ne s’arrêtent pas à Gaza, toute la région est sous le feu assassin. Les victimes se comptent régulièrement par centaines en Cisjordanie, au Liban, en Syrie, etc.

Tout cela explique qu’Israël, comme son mentor, ne peut se dispenser de la guerre. C’est la condition organique de son existence, depuis la Nakba jusqu’aux décombres d’aujourd’hui. L’appât du gain est la seule raison d’être d’Israël. Nul besoin de couvrir le tout d’explications idéologiques, raciales ou religieuses. Cette vérité incontournable, la simple logique vénale, se suffit à elle-même. On comprend alors ce que sous-tend de persifflage l’absurde argument religieux du supposé « retour » des juifs en Terre Sainte.

Trump à la franchise d’exprimer sans ambages cette vénalité absente de fioritures. Bien qu’il s’y soit essayé, prétextant la lutte contre le narcoterrorisme, la dictature du dirigeant local, ou l’absurde génocide des blancs (Afrique du Sud, Nigéria). La vacuité de Trump atteint des sommets lorsqu’il affirme lutter contre la drogue au Venezuela. Piller le pétrole et les minerais, n’a aucun rapports avec la lutte contre la drogue. Le châtiment demeure sans origine crédible.

Explicitement, le président en fonction offre aux grandes pétrolières la gestion du Venezuela. Le Groenland serait mieux géré par les américains. Le Canada devrait devenir le 51ᵉ État. « L’Amérique d’abord », dut-on appauvrir et martyriser le reste du monde. Aucun état d’âme. Les masques tombent. La géopolitique des puissances s’explique pour ce qu’elle est : une volonté de spolier.

Ainsi, Israël se transforme en navire amiral de la prédation américaine. Porte-avion, non seulement extraordinairement moins dispendieux qu’un bateau amarré, mais, de plus, plateforme en elle-même capable de produire des profits autonomes. Ce bâtiment terrestre sioniste abondement armé veille à prolonger les exactions américaines de par le monde.  De 1947 à 1989, l’Empire a perpétué, sans l’approbation du Conseil de Sécurité, 70 tentatives de changement de régime (Irak 2003, Libye 2011, Syrie 2011, Honduras 2009, Ukraine 2014, Vénézuéla depuis 2002, etc.).

Les méthodes employées sont les guerres ouvertes. Mais, devant la désapprobation mondiale, ces agressivités sont le plus souvent souterraines. On use, plutôt, d’opérations de renseignement, d’incitation aux troubles, d’appui aux groupes armés, la manipulation des médias sociaux et des foules, la corruption des représentants, l’assassinat ciblé, la guerre économique et l’embargo. Toutes ces pratiques illégales n’ont qu’un but, la prédation. Toutefois, la vénalité ne se présente pas comme telle, elle serait honteuse, un criminel n’entend pas se dénoncer. Feuille de vigne omniprésente, on tue et pille au nom de la démocratie et de la sacrosainte liberté.

Jean Ellezam est sociologue

Dernier ouvrage paru : Jean ELLEZAM, Israël : l’innocence meurtrière. Édition sociologie, Montréal.

Articles par Jean Ellezam:

https://paju.org/fr/sionisme-ladn-du-tueur

https://paju.org/fr/excroissance-maladive-et-usurpatrice-du-judaisme-le-sionisme-est-une-secte

https://paju.org/fr/sionisme-lintelligence-de-la-fourberie

https://paju.org/fr/quand-parle-t-on-de-civilisation-judeo-chretienne

https://paju.org/fr/michel-onfray-une-nouvelle-droite-reinventee

https://paju.org/fr/reflexion-sur-lignominie-bernard-henri-levy-la-barbarie-sioniste-a-visage-humain

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